Livraison GRATUITE en France Métropole et Corse

Une question ? contactez-nous au: 04 42 41 09 08

L'Hygiène Dentaire et le Sport (Partie 1)

 

 

Sport et Santé Bucco-dentaire - Tir à l'arc - Course à pied (Partie 1).

 

 

 

Equilibre sportif

Soins dentaire Tir à l'arc

Posturologie sportive

 

(Article Compte rendu Congrès UFSB - INSEP)

Retrouver l’équilibre : exemple du tir à l'arc.

 Dr Jean Luc Dartevelle

J’interviens aujourd’hui, dans le cadre de ce colloque, en tant que dentiste de l’UFSBD, mais également de l’INSEP, où je mène à la fois une activité de soin aux sportifs et une activité de prévention.

 Le pôle France de tir à l’arc de l’INSEP propose un suivi en ostéopathie aux archers depuis 2003. Ce suivi s’inscrit en complément du suivi en kinésithérapie afin d’augmenter la capacité de récupération des archers et de prévenir d’éventuelles blessures.

 Un travail spécifique sur les chaînes musculaires a été mis en place, ainsi qu’un travail en sophrologie, en podologie et en posturologie. Tous ces éléments étant liés les uns aux autres, les questions dentaires se sont rapidement imposées.

 L’entraînement vise à l’apprentissage et à l’automatisation des postures, des placements et de l’ensemble des actions de l’archer qui servent à préparer la phase de propulsion de la flèche, l’objectif étant de toujours aboutir à la même situation au moment du départ de la flèche, donc de favoriser la précision et la régularité.

 La recherche de l’équilibre parfait est une quête dans la stabilité posturale de l’archer au moment de lâcher sa flèche. L’acquisition de cette stabilité demeure un concept fondamental dans la précision et la reproductibilité nécessaires à la performance de haut niveau.

 Les qualités physiques et mentales de l’archer sont au service de cet objectif. La posture de l’archer est une adaptation forte associant une position statique asymétrique à une action musculaire volontaire. Cette attitude doit être accompagnée sans relâche pour éviter des dysfonctions éventuelles.

 La haute technicité du geste nécessite d’adopter une méthodologie de traitement appropriée et spécifique à chaque sportif, en travaillant de concert, si besoin, avec d’autres professionnels de santé dans une démarche globale, structurée et coordonnée.

 Ainsi, les archers sont entourés d’un préparateur physique, d’un kinésithérapeute tous les jours, d’un kinésithérapeute spécialisé dans les chaînes musculaires une à deux fois par semaine, d’un kinésithérapeute ostéopathe deux fois par semaine, d’un podologue posturologue deux fois par an, d’un sophrologue une à deux fois par semaine et d’un chirurgien-dentiste deux fois par an.

 L’investigation est double : le sportif de haut niveau, qui est un patient avec des problématiques classiques à régler, et l’archer de haut niveau, qui subit des contraintes spécifiques du fait de sa posture, de son geste sportif et de son volume d’entraînement.

 L’entraînement actuel des archers est biquotidien avec 200 à 400 flèches par jour six jours par semaine, un travail aérobie deux à cinq fois par semaine et un travail de renforcement musculaire deux à cinq fois par semaine également.

Les objectifs de l’intervention du chirurgien-dentiste sont de contribuer à garantir un bon équilibre musculaire pour permettre une augmentation du volume d’entraînement et favoriser une meilleure récupération.

Trois axes de travail ont été entrepris : le travail d’occlusion, destiné aux très faibles déviations mandibulaires, permet de supprimer des interférences et doit contribuer à augmenter la stabilité corporelle. Retrouver l’équilibre : l’exemple du tir à l’arc à l’INSEP.

 Dr Jean-Luc DARTEVELLE Chirurgien-dentiste : durant la phase de réalisation du geste ; la réalisation d’une gouttière de tir permettant de diminuer les tensions musculaires ; enfin, la réalisation d’une gouttière de repositionnement mandibulaire provoquant un relâchement et un équilibre musculaire.

 La prise en charge a bien entendu été envisagée individuellement pour chaque archer.

Les moyens utilisés par le thérapeute manuel sont les tests post urologiques et les évaluations de l’organisation en chaîne ascendante, descendante ou mixte, l’examen clinique palpatoire d’identification des tensions et l’utilisation de la plate-forme de force Stabilo métrique.

En position de tir, l’archer est statique, asymétrique, avec une action musculaire volontaire.

L’utilisation de la plate-forme Stabilo métrique va nous permettre de visualiser l’aptitude du sujet à maintenir un bon équilibre orthostatique.

 L’archer se positionne sur la plate-forme de force Stabilo métrique en plaçant ses pieds avec un écartement et une angulation toujours identique.

 Les mesures sont effectuées en position de tir : une première sans gouttière et une seconde après injection de silicone fluide de type Mémosil 2 entre les deux arcades.

 Ces mesures permettent l’enregistrement informatisé d’appuis podaux avec calcul du centre de pression qui peut être assimilé au centre de gravité du corps.

 La gouttière provisoire en Mémosil permet à l’archer de placer facilement la mandibule et le maxillaire en position confortable, physiologiquement neutre. Gouttière en place, on remarque un déplacement de son centre de gravité vers le référentiel ou barycentre du polygone de sustentation.

 La diminution de la surface d’enregistrement témoigne d’une grande stabilité de l’archer en position de tir.

  La collaboration entre l’ostéopathe et le chirurgien-dentiste a permis le réglage du système cranio-facial et occlusal, ainsi que le réglage des gouttières en position de tir.

 En conclusion, les archers montrent une meilleure gestion de l’équilibre qu’un sujet classique. Les mesures de la plate-forme montrent qu’il est possible d’optimiser encore cette capacité, en harmonisant le plus finement possible la physiologie, ainsi qu’avec une équilibration supplémentaire à l’aide des gouttières occlusales.

  •  Les résultats sont une augmentation des volumes d’entraînement de 20 %.
  •  Une seule blessure a été enregistrée cette année.
  •  Aux championnats du monde 2011, l’équipe hommes a terminé 2eme.
  •  Une quatrième place a été obtenue chez les femmes en individuel.
  •  Quatre podiums ont été enregistrés sur quatre épreuves de coupe du monde.
  •  Trois hommes figurent dans les vingt premiers mondiaux et une fille est classée 7eme.

 Ainsi, le maintien de l’intégrité du système manducateur est l’une des conditions du haut niveau de performance chez les sportifs, en particulier chez ceux dont l’activité gestuelle est à dominante tonique.

 Même si la physiologie est harmonieuse, il est intéressant de savoir que les performances peuvent être optimisées en travaillant à la réalisation et à l’équilibration de gouttières spécifiques à l’activité sportive.

 La position du thérapeute manuel est centrale dans cette approche dans cette approche de la prise en charge du sportif de haut niveau.

 Un travail pluridisciplinaire est incontournable. Les médecins et thérapeutes manuels doivent orienter l’athlète vers le chirurgien-dentiste quand la dysfonction relève de sa compétence et au moment opportun dans le traitement.

 Echanges De la salle : Je suis athlète de haut niveau. Qu’est-ce qu’une gouttière de repositionnement ? Dans quel cas est-elle utilisée ? Pour résoudre quels problèmes ? Par ailleurs, j’ai entendu parler d’une sorte de protège-dents permettant d’assurer, en prévention, une bonne position des dents chez les enfants. Qu’est-ce exactement ? Qu’en pensez-vous ?

 Philippe BOISSONNET : Plusieurs athlètes ont utilisé une gouttière de repositionnement mandibulaire. Je pense notamment au pilote automobile Jacques Villeneuve ou à l’athlète Carl Lewis - avant qu’il ne débute un traitement orthodontique.

 Les performances de Carl Lewis se sont améliorées jusqu’au jour où il a entrepris ce traitement orthodontique destiné à supprimer cette gouttière de ré-équilibration.

 Pendant la durée du traitement, ses performances ont diminué, avant de revenir à un excellent niveau lors des Jeux Olympiques de Séoul en 1988.

 En fait, la gouttière de repositionnement mandibulaire est une plaque en polycarbonate qui permet de retrouver l’engrainement des dents dans la position la meilleure pour respecter l’équilibre neuro-musculaire de l’ensemble des muscles de la tête et du cou.

 Des gouttières plates de relâchement musculaire ont été utilisées pendant longtemps.

Mais il est possible de faire d’emblée une gouttière dans la bonne position. On recherche le maximum de contact dentaire.

 L’objectif étant de supprimer tous les spasmes musculaires parasites pour permettre au sportif de et récupérer dans de meilleures conditions. Je n’ai pas tellement compris votre question sur les enfants. Peut-être faites-vous référence à un dispositif souple utilisé pendant l’évolution de la dentition.

 Lorsqu’un athlète a déjà une bonne occlusion, la gouttière n’apporte rien, sauf dans des exemples précis comme par exemple le tir à l’arc où la gouttière peut apporter un plus au niveau de la stabilité de l’archer.

 Une gouttière n’est intéressante qu’en cas de problème, comme les semelles chez le podologue.

Jean-Luc DARTEVELLE: Il est important de préciser qu’il convient de vérifier les semelles dès lors qu’une gouttière est réalisée ou que des réglages de l’occlusion sont effectués.

 Les semelles peuvent effectivement ne plus être adaptées dès lors que l’occlusion a été modifiée.

De la salle : Je suis chirurgien-dentiste libéral. Les cas cliniques présentés ont porté sur les troubles descendants. Quel est votre avis sur les troubles ascendants?

 Par ailleurs, avez-vous évalué l’impact psychique des gouttières de repositionnement?

 Philippe BOISSONNET: Les vrais problèmes ascendants concernent des personnes qui ont des malformations ou des traumatismes au niveau des pieds. Dans la grande majorité des cas, les sportifs présentent des troubles mixtes qui doivent être traités en priorité au niveau des dents.

 Or les médecins commencent très souvent par les pieds. Beaucoup de gens viennent me voir pour me dire que les semelles qu’on leur a faites n’ont rien changé à leurs problèmes.

 De la salle : Combien de temps a duré le traitement de la danseuse ?

 Philippe BOISSONNET : Ce cas date d’il y a vingt ans. Le traitement d’orthodontie était destiné à préparer l’intervention chirurgicale, qui a pris trois semaines.

 J’ai revu cette danseuse aux alentours de 1996, après avoir suivi ma formation à Lyon. J’ai alors commencé à affiner le travail de posture.

 De la salle : Pendant le traitement orthodontique, continuait-elle de faire du sport ?

 Philippe BOISSONNET : Oui. Toutefois, elle n’avait que de petites perturbations, qu’elle pouvait compenser. Elle était jeune. C’est avec le temps et la masse d’entraînement que les perturbations apparaissent.

 De la salle : Cela ne risque-t-il pas d’engendrer des contre-performances chez un sportif qui s’est habitué à son déséquilibre ?

 Philippe BOISSONNET : C’est une très bonne question. Je me souviens m’être intéressé au cas de Marie-José Pérec. L’analyse de sa poulaine était très particulière : ce n’était ni une poulaine de sprinteuse, ni une poulaine de coureuse de fond. Un jour, Marie-José Pérec a décidé de se faire redresser les dents.

Cela l’a davantage perturbée qu’autre chose. 

A SUIVRE...

 retourSuivant